Voces Obreras – Etude sociale ouvrière sur l’industrie de la bière à Santiago du Chili

invitacion-(300dpi)Vivre à Santiago du Chili c’est surtout vivre dans un chantier permanent. En 30 ans la capitale a augmenté de 25% son nombre d’habitants. Bureaux, logements et aménagements urbains se sont multipliés à une vitesse vertigineuse. Dans cette frénésie les monuments “historiques” ou “patrimoniaux” ont eu la vie dure, pour certains ne conservant qu’une façade, pour beaucoup simplement rasés au profit d’édifices de plus en plus hauts, poussant la ville à prendre les allures de la modernité malgré le risque permanent de séisme majeur.

Au milieu d’un des quartiers populaires de “l’autre rive” du Mapocho, une vielle façade m’attira. Les ruines d’une usine de fabrication de bière édifiée par des brasseurs allemands à la fin XIXème siècle. La brasserie “Ebner”. C’est justement à ce moment précis que je fut invité à participer d’un projet d’investigation sur ce quartier, monographie, exposition photo et documentaire.docu37

Dirigé par le directeur d’une école de pédagogie en sciences sociales et histoire, je fût invité à collaborer sur les méthodes d’investigations et la réalisation d’un documentaire. Nous travaillâmes en premier sur le sujet, l’histoire ouvrière d’un quartier spécifique de Santiago du Chili, appelé la Chimba, “l’autre rive” en langue quechua. L’investigation se déroula en équipe avec des professeurs encadrant un groupe d’étudiants dans leur travail de thèse.

docu24

Au fur et à mesure une étudiante se détacha du lot, quant à son histoire et à son intérêt de partir à la recherche d’ex-travailleurs de la fabrique de bière devant laquelle elle avait l’habitude de passer avec son père étant enfant et qui moi aussi m’intriguait.

Le documentaire pris forme naturellement et se structura à l’issu de la partie d’investigation principale, qui se révéla très riche en informations et échanges du fait de l’implication collaborative dans le matériel récolté.

caratula

Concernant le film documentaire, il s’agissait d’aborder les grand thèmes de l’investigation au travers du processus de rapprochement intime qu’implique le travail d’investigation orale. Un élément fondamental fut d’apprendre, à la jeune étudiante qui participait des interviewes, à laisser un temps entre chaque question, respecter des moments de réflexion indispensables au travail de mémoire, autant de respirations, regards et silences chargés de sens et extrêmement utiles au rythme du récit.

Le récit devait donc rendre compte de ce rapprochement progressif de cette jeune étudiante avec les témoins de l’histoire et, dans le même temps, se conjuguer avec une progression dans les sujets abordés. Le montage se réalisa autour d’un matériel naturellement chronologique et par ailleurs, la construction d’un discours appuyé par l’apparition “étagée” des différents intervenants. Concernant le traitement audiovisuel, j’ai souhaité donné la simple impression d’être assis à coté de quelqu’un et de l’écouter parler. L’élaboration des plans cherche à reproduire le lieu de vie sans intervention. J’aurai aimé un regard plus dans l’axe de la caméra.

VocesO03La relation avec les participants du documentaire se clôtura par la projection du documentaire à la Bibliothèque Nationale du Chili en présence de toutes celles et ceux qui apparaissaient dans le film. C’était très important de matérialiser cette reconnaissance envers les dépositaires de cette mémoire vive, caratula2dans les locaux mêmes de l’institution en charge de cette tâche pour le pays. Les photos témoignent du sens que cela à eu pour chacun d’entre eux, et pour nous équipe du projet, comme fermeture d’un cycle qui laissera leurs témoignages disponibles pour une autre approche de l’histoire sociale et industrielle du Chili.VocesO04

Personnellement, j’ai vraiment apprécié le travail collaboratif avec les enseignants et étudiants et la possibilité d’influencer la méthode d’investigation orale pour son usage postérieur dans le documentaire. Merci au directeur du projet, Alonso Vela-Ruiz, pour sa confiance. Concernant le documentaire je prends toujours autant de plaisir à le regarder, à écouter ces témoignages qui s’entrecroisent et dialoguent, confirmant la pertinence de l’histoire orale et de l’instance intergénérationnelle qui me donne l’impression d’une meilleure authenticité de parole. VocesO05

Le documentaire: https://youtu.be/QSWP6ibnbFg (sous-titres en français disponibles)

le blog associé: http://www.identidadobrera.blogspot.com/

Responder

Introduce tus datos o haz clic en un icono para iniciar sesión:

Logo de WordPress.com

Estás comentando usando tu cuenta de WordPress.com. Cerrar sesión /  Cambiar )

Google photo

Estás comentando usando tu cuenta de Google. Cerrar sesión /  Cambiar )

Imagen de Twitter

Estás comentando usando tu cuenta de Twitter. Cerrar sesión /  Cambiar )

Foto de Facebook

Estás comentando usando tu cuenta de Facebook. Cerrar sesión /  Cambiar )

Conectando a %s